Chronique de l’interculturel N°8 Les transports en Inde


Je voulais vous faire une chronique à propos du transport en Inde, car depuis ma première mission en 1989, je n’ai vu guère de choses évolué. Il est important, si vous allez en Inde, si vous avez l’intention de travailler là-bas, de bien prendre en compte cet élément – le transport – car il vous impactera sûrement à un moment ou à un autre.
L’Inde reste confrontée à des problèmes très importants au niveau de ses infrastructures, il n’y a que quelques milliers de kilomètres d’autoroutes. Alors qu’en Chine, on peut compter 60 000 km d’autoroutes, faisant du pays le plus grand réseau autoroutier du monde devant les États-Unis. En effet, pour la Chine c’est totalement différent. Chaque année quand je me rends dans ce pays, je vois des changements permanents. La Chine a pu construire des autoroutes, grâce à son régime autoritaire, sans se poser de questions sur des expropriations éventuelles. La démocratie indienne n’a pas facilité ce même développement. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le régime autoritaire chinois a facilité le développement du pays, alors que la démocratie indienne l’a freiné. D’autant plus que la densité de la population en Inde est trois fois supérieure à celle de la France, soit environ 300 habitants au kilomètre carré.

Un bon moyen, très pratique pour se déplacer, est le Rickshaw. Ce sont des tricycles spécifiques aux villes, ailleurs on n’en trouve pas. Vous pouvez visionner un exemple dans la vidéo d’auto-rickshaws qui sont des véhicules motorisés.

La construction d’une autoroute est un problème colossal en Inde, et même si celle-ci aboutit au pied de la ville, comme c’est le cas à Puné ou à Mumbay, elle en perd tous ses bénéfices puisqu’il faudra des heures pour pénétrer au centre de la ville. Il n’existe pas de périphérique ou d’axes majeurs de circulation. À Pékin, la ville comporte 6 périphériques, rien que ça ! Pourtant, l’Inde a un potentiel énorme au niveau du marché automobile, puisqu’il y a seulement 13 véhicules pour 1 000 habitants. En Chine, il y en a 79. Vous imaginez la taille du marché. Mais le problème à résoudre est très complexe.

Ceci dit, la voiture avec chauffeur est encore bien pratique pour se déplacer. Néanmoins, attention aux horaires de trafic, vous l’aurez compris, qui sont parfois monstrueux dans ce pays. Si je vous dis avec chauffeur, c’est qu’il faut une certaine habitude pour conduire en Inde. Entre les charrettes à cheval sur l’autoroute, les voitures ou même les bus qui roulent à contre-sens parce qu’ils ont manqué leur sortie, il faut vraiment faire attention. Les autoroutes comme nous les connaissons en France ne sont pas possibles en Inde. Les péages se font à l’entrée et non à la sortie car on peut facilement sortir de ces « autoroutes ».
Évitez aussi de rouler de nuit car les camions prennent souvent toute la route et doublent n’importe comment. Pour les Indiens ce n’est peut-être pas trop grave…bah oui, car il y a la réincarnation ! Mais pour nous qu’avons qu’une vie, ce serait quand même dommage de la perdre ici.

Pour des distances de l’ordre de 80 à 400 kms et si vous êtes un aventurier, ou un gérant d’entreprise modeste, le bus est parfois une bonne alternative au train.

En ce qui concerne le train justement, il n’a pas évolué depuis la colonie britannique. C’est le plus grand réseau mondial avec 65 000 kms de lignes, 8000 gares et 1,5 millions de salariés. Je vous invite à voir une des principales gares de Bombay pour vous mettre dans l’ambiance dans la vidéo ci-dessous.
Il y a donc un gros potentiel de développement dans ce pays – surtout pour le fret – car nous l’avons vu, les routes ne sont pas bonnes. Alstom, Systra, Thales sont en Inde évidemment pour essayer d’avoir des contrats.
N’oubliez pas que les voyages sont souvent longs et même parfois de plus de 24 heures. Nous sommes dans un pays qui fait presque sept fois la France quand même !
Maintenant, il me reste à vous parlez de l’avion, qui est le moyen le plus sûr et le plus rapide pour voyager en Inde. Franchement, si vous y allez pour les affaires, n’hésitez pas. Vous y serez souvent gagnant. Attention, je tiens quand même à vous prévenir que si vous y allez au moment de la mousson, ce sera aussi l’aventure car vous décollerez parfois dans des conditions de très fortes pluies en vous posant des milliers de questions. Un jour, j’ai d’ailleurs cru que c’était la fin pour moi. Quand j’ai décollé de Indoor dans le Madya Pradesh et pris la foudre quelques minutes après ! Mais bon, si je vous relate cette aventure c’est que je suis encore bien en vie aujourd’hui.

Voilà, je vous dis à très bientôt et n’oubliez pas de vous abonner à ma chaîne pour apprendre toujours plus de choses sur l’international.

Retrouvez ci-dessous l’article sous forme de chronique :

Laurent Goulvestre
Conférencier et formateur, expert international et interculturel
Auteur du livre « Les clés du savoir-être interculturel» aux éditions Afnor
Président de GARUDA S.A.S.
http://www.goulvestre.com/

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