PSA – 8000, AUDI + 8000 !


 

Comme vous le savez déjà, PSA va licencier 8000 emplois et les médias nous le répètent 24h sur 24 à chaque journal télévisé. Comme vous le savez déjà aussi, le monde va mal, il n’y a pas de doute à cela ! C’est la crise, la crise, chaque midi et soir, aux journaux télévisés de 13h et à 20h, nous avons ainsi notre séance d’endoctrinement pour en être convaincu… Ah ! Et puis il y a aussi ces Chinois, ces Indiens et maintenant ces Brésiliens qui connaissent un PIB annuel à nous faire pâlir, ce sont eux les responsables ! Ce sont eux les responsables de notre mal être, eux nos maux occidentaux qui déstabilisent le monde et qui consomment nos richesses. Le monde va mal…

Et si, avec un peu de recul et surtout de curiosité, nous osions aller voir, non pas les pays cités ci dessus, mais les pays plus proches de chez nous comme : l’Autriche, les Pays Bas, la Suède, la Turquie  ou encore l’Allemagne… Et si nous allions voir surtout leurs industries, l’un des indicateurs les plus pertinents  qui soit pour mesurer la santé économique d’un pays. Car il n’y a que les entreprises et les ressources naturelles d’un pays qui en font sa richesse ! Quand au moins l’un des deux va bien, le reste va aussi globalement bien…

Je vous propose de nous focaliser sur AUDI, marque allemande reconnue  et préférée des Français d’après un sondage TNS Sofres 2012, pour analyser et comprendre si le marché de l’automobile va mal comme nous le laisse sous entendre les médias avec le cas de PSA.

Tout d’abord, il faut savoir qu’AUDI était au niveau de PSA dans la perception de la qualité de ses voitures dans les années 70 et que comparer leurs évolutions, contrairement à ce que l’on pourrait penser, a du sens.

La rupture avec les marques généralistes (Renault, Peugeot, Citroën) s’est faite en 1973, date de la première crise pétrolière où les marchés se sont tendus et où AUDI est passée à la vitesse supérieure pour rejoindre peu à peu les marque Premiums comme BMW et Mercedes.

Aujourd’hui, AUDI connait une évolution de son chiffre d’affaires mondial de 25% par rapport à 2011. Sa marge brute est en hausse de 66% pour des prix de voiture de 100 % supérieur à ceux de PSA (40 000 € contre 20 000€). Pour ce qui est de PSA, ce dernier a encore diminué ses marges en augmentant les remises, pour essayer de remonter la pente tant bien que mal. Renault, logé à la même enseigne, poursuit cette politique de baisse des prix depuis un peu plus longtemps avec Dacia…

Mais alors que se passe t-il ? Les marques françaises sont-elles condamnées à décrire une courbe inverse à celle des Allemands ? La crise ne serait-elle par tour tout le monde ? Ne savons nous pas vendre nos voitures ? Ne savons nous pas produire ? Ne savons nous pas innover ? Les ingénieurs de PSA seraient-ils moins intelligents que les ingénieurs d’AUDI ?

La réponse est évidemment négative et ces propos sont forcément déplacés et provocateurs. Mais non, ce n’est pas là qu’il faut chercher… Ce n’est pas non plus la faute du marché comme les politiques nous l’ont maintes fois répété. Zut, c’était bien pratique…

Le problème est ailleurs… Il est complexe mais il est bien là en face de nos yeux pour ceux qui veulent bien les ouvrir.

Le problème est dans la cohérence collective et la faculté de s’ouvrir, la faculté d’accepter qu’il existe d’autres réalités et enfin la faculté de rechercher en permanence l’excellence dans les produits fabriqués !  Le vrai problème est un problème culturel, mais ça on ne vous en a parlera jamais, car je pointe ici du doigt quelque chose d’inacceptable pour notre culture jacobine: la remise en cause de soi-même et non des autres, du marché !

La « cohérence collective » tout d’abord, pour travailler ensemble, sans recherche de pouvoir,  sans hypocrisie individuelle, sans jeu de rôle. Il y a peu de carriéristes chez AUDI. Les managers travaillent en cohésion parfaite et les idées sont partagées par tous, vers et pour l’entreprise. Les syndicats et le patronat font les efforts nécessaires pour s’entendre dans leurs décisions car ils savent qu’ils en bénéficieront tous les deux. Ils ne fonctionnent pas par opposition frontale et confrontation stérile systématique mais par adaptation… Il n’y a pas de lutte des classes, comme en France, de jeux de pouvoir qui n’aboutissent à rien, sauf à légitimer ceux qui en sont à leur tête. Chez AUDI, l’affrontement de ce type n’a pas de sens.

La « faculté de s’ouvrir » car la curiosité et l’acceptation de la différence permettent de faire mieux et plus grand. Il n’y a pas de tour d’ivoire, ni de manager inaccessible. Toutes les relations sont vraies et sincères. Observer sans interpréter, sans critiquer de façon systématique permet le partage, l’acceptation et la fusion des idées. Des idées mieux partagées deviennent ainsi plus sûres et plus fiables.

Ces notions collectives, ces échanges vrais vers un consensus, cette recherche de l’excellence, ont permis à AUDI de connaître des ventes exceptionnelles ces dernières années.  Audi aura, tenez-vous bien, distribué à ces 42 000 salariés en 2011, plus de 8000 euros de dividendes !

« –8000 +8000 et si la cohérence collective était la clef ? »

 

Laurent Goulvestre est un facilitateur interculturel. Auteur, formateur et conférencier, il intervient dans les Groupes industriels à travers le monde. Il travaille depuis plus de 12 ans pour PSA et AUDI. Il donne aussi des conférences pour les Grandes Ecoles comme HEC, ainsi que des MBA en Chine, en Inde et au Brésil. Il facilite les relations entre les partenaires étrangers et français qui ont besoin de travailler ensemble. Il a formé à ce jour plus de 3 000 personnes.

Site Web : WWW.GOULVESTRE.COM

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